A l’assaut du Grand Nord – Spitzberg 2004

Unis par une même passion, un petit groupe de huit randonneurs dont un médecin généraliste – le Dr Jean-Luc van Duyse – partira samedi prochain à la conquête du Spitzberg, île appartenant à la Norvège et située à plus de 3.000 km de la Belgique, à égale distance du cercle polaire arctique et du pôle Nord magnétique. Pour aller au bout de leurs rêves et repousser leurs limites dans des conditions extrêmes. Frissons garantis…

Pari audacieux, pour ne pas dire un peu fou, quatre jeunes (de 17 à 32 ans) avides de découvertes, et autant d’adultes prêts à partager avec eux leur expérience et leur passion, s’embarqueront le week-end prochain dans une aventure hors du commun de quinze jours: partir à l’assaut du Grand Nord, en particulier du Spitzberg, île principale du Svalbard, archipel norvégien.

Recouvert à près de 90% de glace et sous l’influence du Gulf Stream, cet endroit n’est pas vraiment celui dont rêvent d’ordinaire les vacanciers en quête de soleil et de «bronzette». Là-bas, les températures sont extrêmes, le vent polaire et le blizzard typique de ces régions peuplées d’ours polaires, de rennes, de renards blancs, de baleines et d’importantes colonies d’oiseaux. Il y a, paraît-il, 5.000 ours sur l’île… Ils espèrent en voir, mais pas de trop près. Pour se protéger, ils sont cependant armés. Bref, un paysage sublime que beaucoup préfèrent cependant contempler de leur fauteuil, bien calés devant leur écran de télévision, au chaud, près d’un feu de cheminée.

Ce groupe très solidaire – un MG, un psychothérapeute, un biologiste, naturaliste et ornithologue, un délégué médical, un chef d’entreprise, un informaticien et deux étudiants – rassemblera un juste équilibre de deux générations autour d’un même but, celui de se dépasser, de repousser ses limites dans des conditions extrêmes, mais aussi de découvrir des paysages fabuleux et d’apprécier le calme des grandes étendues blanches du Grand Nord.

Il n’y a pas beaucoup de Belges qui ont été dans le Spitzberg, Alain Hubert en fait partie… Par contre, pas mal de Français ont osé l’expédition.

«Un de mes amis a été en Terre de Baffin dans l’extrême Nord du Canada quand il avait 24 ans, et aujourd’hui sa fille âgée de 17 ans veut absolument tenter cette expérience, ce qui l’a poussé à chercher des amis pour l’accompagner, explique le Dr Jean-Luc van Duyse qui part avec son fils Xavier, étudiant en 1ère licence d’ingénieur civil à Liège. Tel a été le point de départ de notre aventure. Voici maintenant un an et demi qu’on est sur ce projet. Nous partons en autonomie complète et total isolement par rapport au monde extérieur, à pied et en skis de fond; nous tirerons nos pulkas (traîneau d’expédition) et logerons sous tente sur la neige. Nous porterons jusqu’à quatre couches de vêtements superposées, spécialement étudiés pour nous maintenir au chaud même immobiles. Autant dire que l’on emporte vraiment tout ce qu’il faut, tentes, vivres, réchauds, balises à ours… Durant toute la durée de notre raid, nous ferons fondre de la neige pour nous réhydrater. On emporte aussi des aliments lyophilisés, pré-cuits, de la nourriture sèche sur laquelle nous reverserons de l’eau obtenue au départ de neige fondue».

Dormir par moins 35 degrés!

Vivre cette aventure exceptionnelle sera à coup sûr, pour chacun, un engagement corps et âme. «Nous partons quinze jours, du 3 au 18 avril. Nous parcourrons environ 20 km par jour, sur les glaciers et la banquise du Spitzberg où nous irons un peu mais pas beaucoup, car les ours y sont nombreux à cause des phoques et dès lors on va surtout rester sur les îles. Nous comptons aussi trois jours d’immobilisation possible à cause des tempêtes qui sont courantes à cette époque.»

Le but premier de ce groupe bien soudé est d’accomplir un exploit personnel, et pendant ces quinze jours accepter de souffrir et de «mordre sur sa chique». Apprendre à connaître et à gérer ses limites, tant physiques que mentales, et parvenir à maintenir un bon esprit d’équipe, être solidaires dans la difficulté, apprécier entraide et soutien de chacun et savoir encaisser les inévitables petites tensions… A huit ce n’est pas toujours facile de s’entendre à tous les instants.

«Je reconnais une certaine appréhension de devoir dormir par -30 à -35° de jour comme de nuit, concède le Dr van Duyse qui a déjà fait de petits voyages en Laponie ou en Patagonie, mais encore jamais dans des conditions extrêmes. Tenir trois heures à cette température, ce n’est déjà pas mal, mais ensuite, on rentre souvent dans un chalet chaud. Ici, ce sera 24h/24! Au mois d’avril, nous aurons la chance de passer de l’alternance clarté/obscurité au soleil de minuit».

Seul médecin sur ce projet, le généraliste n’a pas trouvé de confrère pour l’accompagner. «J’ai bien demandé au moins à 150 personnes, cherché parmi des connaissances et amis, mais j’ai eu 150 refus». Néanmoins, c’est une bonne équipe qui part à l’assaut du Grand Nord. Parmi ces valeureux, Paul a déjà escaladé plus de 60 sommets et effectué une dizaine de raids à ski dans les Alpes, et Geoffroy qui travaille au WWF-Belgique a lui-même fait plusieurs treks au Sarek… Bref une équipe bien étoffée qui s’est entraînée dans le Jura.

A défaut de sponsoring…

Les «Huit» ont eu beau chercher un sponsor, ils n’en ont pas trouvé. «Personne n’a réagi et ce n’est pas faute d’avoir pourtant cherché, précise le Dr van Duyse avec une pointe de déception. Nous avons dû acheter tout notre équipement, ce qui s’est avéré plus compliqué et surtout plus onéreux que prévu. Cependant, on a bénéficié de ristournes assez conséquentes pour l’achat de vêtements et de matériel sophistiqué – 15, 20 voire 30% sur certaines choses. Il y a des gens qui ont vraiment fait preuve de bonne volonté à notre égard, et je les en remercie chaleureusement. Mais pas de sponsoring officiel».

L’acheminement de l’aéroport à leur endroit de départ sera aussi très coûteux. Leur budget de départ – plus ou moins 2.000 euros – est largement dépassé. Tout soutien reste par conséquent le bienvenu. De son expédition, l’équipe tentera bien sûr de ramener de nombreux clichés. Pour cela, elle a déniché de vieux Leika extraordinaires car, à moins 30°, les appareils photo modernes peuvent avoir quelques problèmes de fonctionnement. Elle va aussi emporter des appareils jetables, plus résistants au grand froid.

 

Contact: Dr Jean-Luc van Duyse, rue Vinâve 58 à 4030 Grivegnée. Tél.: 04/365.49.01. E-Mail: jlvanduyse@hotmail.comseNuméro de compte: 000-1813474-59 – mention «Spitzberg 2004».

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